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  • walteragnes05

Apprendre les maths quand on n’est pas matheux


trouble d'apprentissage math

Le mythe du bon élève en France est celui qui est bon en maths.

Un matheux peut ne pas être littéraire, on va dire alors que le français, ce n’est pas son truc, mais il arrivera à s’en sortir. Mais un un littéraire qui n’est pas matheux… tout de suite, on voit que son avenir dans l’enseignement supérieur se rétrécit. Des portes sont fermées aux non matheux alors qu’elles restent toutes ouvertes aux titulaires d’un bac scientifique.

L’enseignement en France valorise beaucoup plus l’intelligence logico-mathématique, au détriment des autres formes d’intelligence, même si l’intelligence linguistique est aussi prédominante (pour plus d'informations, vous pouvez lire un article sur les intelligences multiples d'Howard Gardner ).

Alors, comment faire quand on est « nul » en maths ?

En préambule, il est important de garder en tête que la règle de base dans tout apprentissage, c’est de respecter les étapes d'apprentissage : tant qu’une étape n’est pas acquise, on ne peut pas passer à la suivante. Et l'évolution dépend de chaque enfant, et non pas forcément de son âge : laissez-lui la chance d’être « en retard » par rapport à une moyenne statistique ;)

Tout d’abord, il faut savoir ce qu’on veut enseigner, dans quel ordre et pourquoi :

1- la comptine numérique


Elle permet de (re)connaître et de classer par ordre les chiffres et nombres. Elle est donc utile pour passer au dénombrement. En revanche, bien connaître sa comptine numérique et bien écrire les chiffres et nombres ne veut absolument pas dire que l’enfant a compris le sens du nombre, cela veut juste dire qu’il a bien retenu sa poésie.

2- comprendre la notion de grandeur


Avant même de dénombrer, l’enfant doit acquérir la notion de petit/grand, plus petit/ plus grand.

Pour cela, on peut commencer par jouer avec de la pâte à modeler, et à faire des petits boudins et des gros boudins.

Puis on peut par exemple jouer avec des bâtons de taille différente et lui faire catégoriser (les petits avec les petits, les moyens avec les moyens, les grands avec les grands), puis classer (du plus petit au plus grand)

L’histoire de Boucle d’Or et les 3 Ours est aussi très éducative avec les notions de grand, moyen et petit.

3- le dénombrement


C’est l’étape suivante, et on se base sur la comptine numérique pour la réaliser. Elle répond à la question implicite ou explicite: « il y a combien d’objets ? ». L’enfant acquiert le dénombrement quand il comprend qu’il faut arrêter de « chanter » la comptine numérique quand il n’y a plus d’objet à compter.


Dénombrer dans l’ordre croissant pose les bases de l’addition, dénombrer dans l’ordre décroissant pose les bases de la soustraction.

Pour y arriver, voici quelques pistes :

- le corps : l’enfant pointe les objets du doigt, un à un en « chantant » : 1, 2, 3, 4… ou quand on passe à des supports papiers, en utilisant ses propres doigts, étape très important qui permet à l’enfant de faire une analogie entre objets et doigts et de rentrer dans l’abstraction.

Ex : il y a combien de poules dessinées sur ta feuille ? L’enfant peut pointer, puis les recompter sur ses doigts.


apprentissage des maths pour les dys

NB : tant que l’acquis des nombres n’est pas intégré corporellement, il est important de laisser l’enfant compter avec ses doigts, même si vous pensez qu’il est grand maintenant, et qu’il peut compter « dans sa tête ». Tant qu’il le fait, c’est qu’il en a besoin ! D’ailleurs, si vous observez bien, vous constaterez que les enfants à qui on dit « compte sans tes doigts » les cachent sous la table ou derrière le dos … pour continuer à les utiliser.

- la manipulation : on parle de manipuler des objets (du latin manus "main"), et non pas de technique de manipulation mentale ;)

Toutes les méthodes le disent : avant 10 ans, l’enfant a besoin de toucher les objets pour les compter ! Et l’avantage, c’est que tout peut servir : des billes, des legos, des crayons, des chaussettes, des cuillères, etc.

- la correspondance terme à terme : il s’agit de mettre autant d’objets qu’il y en a sur le modèle.

Ex : on joue à la dînette, il y a cinq assiettes, il faut autant de verres que d’assiettes. Puis autant de fourchettes, etc. On joue aux poupées, il faut autant de chaussures que pieds. L’enfant va se déplacer, manipuler (on introduit au passage la notion de multiplication)

Autre exemple : On est 4 à table, il y a un paquet de gâteaux, chacun doit avoir la même quantité de gâteaux (cela pose aussi les bases de la division)


On peut aussi le travailler de façon plus « scolaire » : poser autant de jetons qu’il y a de ronds dessinés sur la feuille.

4- comprendre le sens des opérations


On rentre dans le cœur des maths et à ce stade de l’article, vous avez compris, j’espère, qu’il faut que les précédentes étapes soient acquises.


dyscalculie

Les phrases mathématiques (4+3= 7, 6-1=5, 3x2=6, etc.) ne peuvent être introduites efficacement que quand les notions d’addition/ soustraction et multiplication/ division sont comprises.

Sinon, les enfants apprennent une méthode de calcul et peuvent même obtenir de très bonnes notes, mais ils ne comprennent pas ce qu’ils font. En avançant dans la scolarité, certains pourront être en échec ou développer le syndrome de l’imposteur (je réussis mais je ne comprends pas pourquoi).

Pour cela, je reviens sur des méthodes parfois précédemment abordées :

- la manipulation : Montessori (mais pas seulement elle) a développé des outils pédagogiques utiles, l’unité est un cube, la dizaine une tige équivalente à 10 unités et la centaine un carré équivalent à 10 dizaines. Cela permet de comprendre les plus grands nombres.

- laisser les enfants trouver la question du problème :

C’est notamment une partie de la méthode Singapour. Les enfants jouent avec du matériel (manipulation, encore!). Par exemple, des jetons de différentes couleurs, ils voient qu’en mettant les rouges et les verts ensemble, ils en obtiennent 30, et ils en déduisent la question « combien y-a-il de jetons en tout ? » (addition), ou alors, ils enlèvent les verts et constatent qu’il n’en reste plus que 20 : « Quand on enlève 10 jetons à 30, combien en reste-t-il ? » (soustraction).

- faire acquérir les compléments à 10, puis à 20, pour pouvoir se mouvoir dans des problèmes plus complexes.

Petit rappel : le complément à 10 est le nombre qu’il manque pour atteindre 10.

Si je vous dit 6, vous pensez automatiquement à 4, sans avoir besoin de réfléchir.

Quand il n’est pas atteint, généralement l’enfant a encore besoin d’utiliser ses doigts pour le trouver.

C’est un indicateur précieux pour savoir à quel stade de son développement il en est. Donc, inutile d’aller trop loin ou trop vite tant qu’il ne les a pas acquis : repassez par de la manipulation et du calcul mental simple où il a le droit d’utiliser ses doigts (4+2, 6-3, etc.)


Personnellement, j'aime bien les baguettes à calcul, qui permettent à la fois de travailler sur les notions basiques de plus petits/ plus grands et les compléments à 10.



apprentissage des maths


Voilà ces quelques bases pour aborder les maths, et dites-vous bien qu'avant de devenir une spécialiste du sujet, j'ai fait mes armes en tant que maman d'une enfant dysphasique il y a quelques années : c’est simple, ludique et on peut le travailler partout dans notre quotidien, et c’est ça qui est important de montrer aux enfants. Nous vivons dans un monde de maths, ce n’est pas quelque chose de fastidieux qui ne sert qu’à a voir de bonnes notes en classe!


Vous pouvez me retrouver ici !




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